mercredi 11 avril 2007

Travail de mémoire sur la traite négrière

"Interroger la mémoire pour comprendre les freins à la citoyenneté, et ainsi ouvrir le futur à tous". Aider "à se réconcilier avec l'exigence de dignité, de vérité et de justice". Je reprends ici quelques mots de Monsieur Karfa DIALLO, Président de l'association DiverCités. Ces mots me sont allés droit au coeur. Je m'appelle Jean-Luc ATTELEYN, je suis photographe, fils d'un père sénégalais qui a servi la France à Dien Bien Fu et que je n'ai pas connu.

Contribution photographique à l'effort de mémoire sur la traite négrière - Version du 09/04/2007
La photographie peut aider à cet effort de mémoire, comment?
Proposition/mode opératoire
Solliciter des personnalités reconnues et engagées dans ce travail de mémoire et leurs demander de participer de deux façons :


  1. La première participation, quelque peu "passive" : le portrait. Celui-ci peut être réalisé dans l'environnement de travail de la personne ou ailleurs, en couleur ou en N&B. Il s'agit d'un portrait posé, réalisé à la chambre, présentant un caractère officiel, voire institutionnel...

  1. La deuxième participation est plus active. La personnalité est invitée à suggérer des souvenirs, une action, un fait, tout type d'élément évoquant ou symbolisant à ses yeux ce travail de mémoire. Il s'agira ensuite d'organiser, toujours avec elle, ces "matériaux" en vue de générer une image.
    Remarque : Il serait peut-être pertinent de traiter les portraits en N&B et les images suggérées par les personnalités, en couleur????
    Une question : S'agit-il de se souvenir de ce qui s'est passé ou plutôt de prendre conscience des incidences que ce passé a sur notre vie d'aujourd'hui?


Tâches à réaliser :


  1. Rédiger un texte de présentation de la démarche/projet photographique pour insérer celui-ci dans la démarche globale de l'association DiverCités.

  2. Dresser une liste des personnalités à solliciter

  3. Prévoir un budget de réalisation, de fabrication et d'exposition

  4. Faire un calendrier des tâches.

  5. ....

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ce projet photographique autour de l'actualité politique de la traite nègrière puise ses fondements dans une logique militante c'est à dire dans un engagement citoyen interpellant l'histoire officielle dans ses oublis voire son amnésie. Et à Bordeaux ce projet prend un sens tout particulier du fait du passé de la ville. 2ème port négrier au 18ème siècle et 1er port colonial au 19ème siècle, la Ville de Bordeaux a un rapport singulier avec ses histoires. En effet, elle n'a reconnu de ces histoires que le caractère exotique et en digne fille de la république elle a contribué à perpétuer dans les représentations l'idée de continents voire de peuples n'ayant jamais été acteurs de leur histoire. C'est du sujet justement dont il est question , il me semble, dans ce projet. Rapprocher les histoires individuelles de leur sens collectif donc politiques.
Et, qui mieux que JLA peut le faire. Il le dit bien du reste dans son introduction lorsqu'il part de son histoire familiale. De ce père ancien combattant sénégalais, jamais connu et pourtant si présent dans ses génes.
Ici, se rejoignent la génétique et la culture, le passé et le présent, la mémoire et l'histoire, le souvenir et l'oubli.
Ce projet pourrait consister à faire un état photographique de la période négrière et coloniale de Bordeaux au travers de ce qu'il en subsiste aujourd'hui dans le regard et le vécu des gens. En effet, le sujet se prête à la réalisation d'un tel projet du fait des traces , empreintes laissées dans la ville et dans l'imaginaire des hommes.

C'est ainsi que trois aspects pourraient être enrichis par le support de la photographie:

- les traces laissées dans la ville: lieux associés aux activités(entrepots...), marques laissées dans ceux ci, représentations (mascarons...),les noms de rues...

- les marques qui subsistent dans l'imaginaire des bordelais, en particulier chez les gens concernés par ces faits (descendants d'armateurs, de capitaines, d'esclaves). Par le moyen d'entretiens completés par des portraits...

- l'activité de l'association en dépassant le seul aspect événementiel et en privilégiant le parcours personnel des membres ou sympathisants, etc.

Voici quelques axes de reflexion à enrichir sur le chemin de ce projet...

Karfa Diallo

Jean-Luc ATTELEYN Photographe-plasticien a dit…
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